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Les hôpitaux exclus de la santé publique !

Ce n’est pas un canular. L’hôpital ne jouerait-il plus aucun rôle dans la santé publique ? La déclinaison actuelle de la loi du 9 août 2004 dans les régions laisse dubitatif.
Ce texte législatif essentiel dresse une nouvelle frontière entre l’offre de soins et la prévention. D’une part en instituant des acteurs différents : établissements de santé et professionnels libéraux d’un côté, associations de prévention et collectivités locales de l’autre ; d’autre part, en prévoyant des canaux de décision et de financement clairement séparés : ici, l’ARH et sa commission exécutive, là un groupement d’intérêt public (GIP), présidé par le préfet. Entre les deux, aucun lien n’est prévu, ou presque : le directeur de l’ARH ou son représentant participe, parmi une quinzaine de membres, au conseil d’administration du GIP… où le préfet s’est vu reconnaître 50 % des voix.
Cette construction juridique est animée des meilleures intentions : rendre plus efficient l’ensemble des actions de prévention, en orientant et en finançant les programmes régionaux de santé publique et en évitant l’éparpillement des crédits. Mais les nouveaux « groupements régionaux de santé publique » (GRSP) présentent un défaut qui rend leur construction fragile : les établissements de santé en sont purement et simplement écartés.
Quid des centres de cure ambulatoires en alcoologie, qui tissent des liens entre la ville, l’hôpital et le domicile du patient ? Quid des consultations de tabacologie ? des antennes hospitalières des réseaux ville/hôpital toxicomanie ? des consultations d’addictologie ? de troubles de la nutrition ? de prévention des cancers professionnels, de dépistage ? des bilans médico-sociaux pour démunis ? Toutes ces activités ont été et sont toujours encouragées par les pouvoirs publics pour faire face aux multiples maux qui touchent la société et qui nécessitent une réponse centrée sur le parcours du patient dans une approche médico-psychosociale. Ces prises en charge quotidiennes ont permis aux équipes hospitalières d’acquérir un savoir-faire unique, reconnu par les associations de prévention avec lesquelles elles travaillent.
L’absence totale de représentation des établissements de santé dans les GRSP prive ceux-ci de leurs compétences. Elle nuit au développement des coordinations indispensables au patient. Elle accroît le risque – justement combattu ! – d’éparpiller les ressources autour de dizaines d’objectifs et de ne pas répondre aux situations de crise.
Cette nouvelle frontière, étonnante, entre la prévention et le dispositif de l’offre de soins nie les interactions quotidiennes tissées entre la ville, les associations et l’hôpital. Elle oublie également que l’enjeu des prochaines années, pour réformer un système de santé en pleine évolution, est de simplifier les structures qui en assurent le pilotage et la gestion.

Ch. Got, CHU de Rouen

 

CHU de Poitiers

Un nouveau regard sur les urgences et la biologie médicale

Le 2 février 2006, le centre hospitalier universitaire de Poitiers – pôle de référence de la région Poitou-Charentes avec 1 600 000 habitants – a ouvert son service des urgences adultes et pédiatriques dans un tout nouvel environnement mieux adapté à l’accueil des 50 000 personnes qui s’adressent à lui chaque année. Dans ce nouvel espace, les équipes médicales du Samu, les équipes médicales et paramédicales du Smur, les médecins libéraux répondent, 24 heures sur 24, de manière coordonnée et dans une unité de lieux, à près de 300 000 appels par an. Depuis décembre, cette réalisation accueille également l’activité biologique, avec ses structures regroupées, automatisées, son dossier biologique informatisé unique du patient, avec ses techniques nouvelles et ses innovations.
À l’issue d’un vaste chantier de deux ans et d’un investissement de 40 millions d’euros, cet ensemble architectural (18 000 m2), dont l’opération a été facilitée par le plan Hôpital 2007, vise à renforcer plus encore la qualité de la prise en charge des malades et de leurs familles, à simplifier les organisations et à améliorer les conditions de travail des personnels.
Le bâtiment dédié aux urgences et à la biologie médicale s’élève au sud-est du bâtiment Jean-Bernard, sur l’un des sites du CHU, l’hôpital de la Milétrie – l’autre étant l’hôpital gériatrique Louis-Pasteur. Il est relié à Jean-Bernard par une passerelle qui dessert aussi le service d’imagerie. Une seconde passerelle relie le nouveau bâtiment au satellite technique. L’architecture – confiée au cabinet nantais Aia-Cera –, épurée, « répond à la volonté de son intégration au site de la Milétrie. Elle respecte notamment les rapports de volumes avec Jean-Bernard et son satellite technique moyen », commente Jacques François, directeur des constructions et du patrimoine du CHU, en ajoutant que « les matériaux de façade du satellite sont rappelés sur l’UBM pour créer une continuité entre les deux bâtiments ». De plus, le bâtiment a été ceint d’une « double peau » en panneaux de verre et à persiennes mobiles, qui souligne les volumes tout en assurant une fonction de ventilation. À l’intérieur le Samu, le Smur et le centre 15 occupent le rez-de-chaussée (2 700 m2). Les urgences adultes, les urgences pédiatriques et la radiologie des urgences se partagent le niveau 0. Les laboratoires de biologie médicale se répartissent sur les niveaux 1 et 2 (6 700 m2).

source : CHU de Poitiers

 

 

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N° 488, août/septembre 2009

 

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